lundi 15 août 2011

Tarte aux Pommes/Guitare/Cafetière [Journal #32]

Café Guitare Pour le gros weekend du quinze aout, je suis aux confins du Morbihan, dans un village vallonné, boisé et champêtre.  Tout est là : une église, une poste, un troquet, une crêperie, une maison familiale avec cheminée et ADSL.  La freebox date de l’âge de pierre, j’ai dû bricoler un point d’accès wifi en catastrophe à partir du netbook maternel et d’un câble ethernet.  Mais ce n’est pas le sujet.

L’occasion est spéciale, c’est un repas familial pour l’entrée dans une nouvelle décennie de l’une d’entre nous.  J’ai donc amené ma guitare de voyage pour un mini-concert à caser dans la soirée, pour la première fois dans ce type d’occasion.  Je voulais que ce public redoutable soit attentif et indulgent.  Mais quand ?  A l’apéro ?  Entre deux plats ?

Une partie de mon esprit a passé la soirée à observer l’ambiance d’un œil rusé et vigilant, en attendant le meilleur moment.

J’ai vu passer plusieurs occasions :

  1. La remise du cadeau.  Je l’ai loupée car à ce moment là, j’étais en train de me pomponner et de me chauffer la voix.  Comme ça c’était réglé.
  2. L’apéro.  Pas très commode parce que premièrement, tout le monde n’est pas forcément arrivé et deuxièmement, le repas est encore en train de mijoter.  Ca crée une tension qui n’est pas propice à mon affaire puisque tout le monde a faim, et les cuisiniers sont tout feu tout flamme entre la cuisine et le salon pour surveiller la cuisson.  J’étais occupé avec mon champagne, les doigts tout glissants à cause des chips mexicaines, donc j’ai laissé filer.
  3. Le dessert.  Ca commence à être plus adapté puisque le repas est passé, la faim est assouvie, les bouteilles vides.  Chacun essaie de se remettre paisiblement des traditionnelles discussions politiques houleuses à l’argumentaire plus ou moins développé.  En plus j’ai bien bu et j’ai envie de chanter !  Inconvénient : l’attention est concentrée sur l’énorme gâteau, silence religieux mais trop absorbé.  Patience.
  4. Le café.  Ah !  L’ambiance reste la même qu’au dessert, sauf qu’ici on assiste à un moment de flottement où chacun annonce sa disponibilité en poussant son assiette et en disant “j’en peux plus”.  Les cafés sont percolés, les infusions infusées.  Comme si de rien n’était, je peux sortir la guitare et faire mon office.

Conclusion : pour jouer un morceau au repas familial, la place de la guitare est entre la tarte aux pommes et la cafetière.